Jalousie dans le couple : quand elle devient du contrôle

Publie le 15/10/2026 par Juliette Roy

Juliette Roy
Eveil & Conscience

Ressentir de la jalousie fait partie des relations amoureuses. Fouiller le téléphone de l’autre, lui interdire une soirée ou lui reprocher une tenue sort de ce cadre. La frontière ne passe pas par l’intensité de l’émotion : elle passe par ce qu’on fait de cette émotion. Une jalousie dont on parle reste une émotion. Une jalousie qui dicte la vie de l’autre devient un moyen de contrôle.

La jalousie, une émotion ordinaire

La jalousie signale la peur de perdre une relation à laquelle on tient. Elle surgit face à un rival réel ou imaginé, après une trahison passée, ou dans une période d’insécurité. Bien vécue, elle se dit : « Quand tu es parti dîner avec ton ex sans m’en parler, j’ai eu peur. » Elle ouvre une conversation, elle ne ferme pas une porte.

Les signes qu’elle a basculé dans le contrôle

Le sociologue américain Evan Stark a décrit dès 2007, dans son livre Coercive Control, ce type de domination faite de micro-règles, de surveillance et d’isolement, qui enferme sans forcément passer par les coups. La jalousie en est souvent l’habillage : elle présente le contrôle comme une preuve d’amour.

Un outil pour se situer : le violentomètre

Le violentomètre est une règle graduée, conçue fin 2018 par les observatoires des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis et de Paris, l’association En avant toute(s) et la Ville de Paris, et diffusée notamment par le Centre Hubertine Auclert. Il classe des comportements du couple en trois zones, de la relation saine à la situation de danger. Beaucoup de lecteurs découvrent en le lisant que ce qu’ils vivaient au quotidien, la jalousie permanente, le contrôle des sorties, le téléphone fouillé, ne relève pas de la zone saine. Il se trouve en ligne et dans de nombreuses mairies.

Ce que dit la loi sur la surveillance

Localiser une personne sans son consentement est puni par l’article 226-1 du Code pénal. Les peines sont aggravées quand l’auteur est le conjoint, le concubin ou le partenaire de Pacs de la victime, ce qui couvre la pose d’une application de géolocalisation sur le téléphone de l’autre à son insu. Quand la surveillance s’inscrit dans des propos et comportements répétés qui dégradent votre santé, elle relève aussi du harcèlement au sein du couple. Notre article sur les violences psychologiques et la loi détaille les recours.

Si c’est vous qui la subissez

Si vous avez peur de la réaction de l’autre, si vous avez déjà renoncé à des proches ou à un travail pour éviter les crises, parlez-en au 3919, anonyme et gratuit. En cas de danger immédiat, composez le 17 ou le 112.

Si c’est vous qui êtes jaloux

Reconnaître sa propre jalousie demande du courage, et c’est le point de départ.

Le repère à garder

Dans une relation saine, la jalousie se dit et se discute. Dans une relation de contrôle, elle s’impose et elle se paie. Si vous ne savez plus de quel côté vous êtes, regardez ce qui vous inquiète : l’émotion de l’autre, ou sa réaction. Quand c’est la réaction que vous redoutez, parlez-en à quelqu’un d’extérieur au couple.