La relation est terminée, mais les messages continuent. Appels à toute heure, menaces, visites devant chez vous, faux comptes sur les réseaux. Le harcèlement par un ex après la rupture n’est pas une suite normale de la séparation. La loi le punit, et des protections existent. Voici comment agir, dans l’ordre.
Ce que la loi prévoit
Le Code pénal punit le harcèlement au sein du couple, et il précise que les mêmes peines s’appliquent quand l’auteur est un ex-conjoint, un ex-partenaire de Pacs ou un ex-concubin. La séparation ne met pas fin à la protection. Les peines et les circonstances aggravantes sont détaillées dans notre article sur les violences psychologiques et la loi.
Le retour séducteur, avec ses messages tendres et ses excuses, est un autre phénomène, décrit dans notre article sur le hoovering. Ici, il s’agit de pression, de surveillance et de peur.
1. Garder les preuves avant de bloquer
Avant de bloquer un numéro ou un compte, sauvegardez ce qui existe :
- Captures d’écran des messages, avec la date, l’heure et le numéro ou le nom du compte visibles.
- Journal d’appels : une capture de la liste des appels manqués.
- Messages vocaux enregistrés hors du téléphone.
- Journal daté des passages devant chez vous ou au travail, avec les témoins.
- Certificat médical si votre santé en souffre : sommeil, anxiété, arrêt de travail.
Mettez une copie hors de votre téléphone, chez une personne de confiance ou dans une messagerie qu’il ne connaît pas.
2. Couper les canaux
- Bloquez le numéro et les comptes, après les captures.
- Changez vos mots de passe et activez la double authentification.
- Vérifiez les appareils partagés, les comptes de localisation et les applications installées à votre insu.
- Prévenez vos proches de ne pas transmettre de messages de sa part.
Si vous avez des enfants en commun, gardez un seul canal écrit, limité aux sujets des enfants. Notre article sur la façon de quitter une relation toxique aide à poser ce cadre.
3. Porter plainte
- Au commissariat ou à la gendarmerie, qui sont tenus d’enregistrer votre plainte.
- Par écrit au procureur de la République.
- En ligne, la plateforme de l’État arretonslesviolences.gouv.fr vous met en contact avec des policiers et gendarmes formés.
Apportez vos preuves classées par date. Une association d’aide aux victimes vous accompagne gratuitement dans la démarche.
4. Demander une ordonnance de protection
Le juge aux affaires familiales délivre une ordonnance de protection quand il estime vraisemblables les violences et le danger, y compris quand l’auteur est un ex. Elle permet notamment d’interdire à l’auteur d’entrer en contact avec vous et de régler la situation des enfants. Depuis la loi du 13 juin 2024, les mesures durent douze mois. La même loi a créé une ordonnance provisoire de protection immédiate, que le juge rend sous vingt-quatre heures dans les situations de danger grave et immédiat. Un avocat ou une association vous aide à constituer la demande.
Les numéros à connaître
- 17 ou 112 en cas de danger immédiat.
- 114 par SMS si vous ne pouvez pas parler.
- 3919, Violences Femmes Info, gratuit et anonyme, 24 heures sur 24.
- 3114 si la détresse devient trop lourde.
Ces repères sont informatifs et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé ou d’un avocat. En cas de violences, le 3919 écoute, informe et oriente, gratuitement et de façon anonyme, 24 heures sur 24. En cas de danger immédiat, appelez le 17 ou le 112. Si vous ne pouvez pas parler, envoyez un SMS au 114.